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Location de vacances à Deshaies en Guadeloupe

Dominique et Michel Valladon - La Coque - 97126  DESHAIES

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L'Amazone retrouvée 

 de la Guadeloupe

TEXTE ET PHOTOGRAPHIES D'AMÉDÉE DE VALOMBREUSE

Natif de cette île française où mes ancêtres s’établirent avant la Révolution, j’ai eu maintes fois l’occasion d’en parcourir les moindres recoins.

 

 

 

Amoureux des oiseaux, des perroquets en particulier, je suis membre du CDE depuis 1948 et j’abrite dans mes volières toutes les Amazones des Antilles, à l’ exclusion bien sûr de l’ Impériale et de la Portoricaine. Je pensais donc ne rien avoir à découvrir et pourtant ! Mon cher ! Ma propriété (bananes et cannes à sucre) s’étend sur 300 hectares, un peu en dessous du Col des Deux Mamelles, à 10 kilomètres de la route qui traverse la Basse Terre d’Est en Ouest, et tous les gens du coin sont mes amis.

En mars 2000, l’un de ces petits planteurs indépendants qui sont établis plus ou moins dans la forêt protégée de la zone des monts est venu me voir. Il me proposait de venir chez lui pour y attraper les perroquets qui mangent ses oranges car il connaît mon intérêt. Certain d’avoir affaire à l’une de ces Amazones aourous qui ont été importées en masse et bien souvent relâchées, soit volontairement, soit lors du passage de l’un de nos funestes cyclones, je décline l’offre. Mais il insiste : « il y a 4 oiseaux, tout vert avec la gorge bleue et un peu sur le front ; pas du tout ceux que je vois d’habitude qui ont du jaune et du bleu sur le front. D’ailleurs ils sont plus gros. Moi je dis qu’ils viennent de Dominique, ou de Montserrat, où le volcan les a dérangés ! ».

Dilemme. Je connais bien mon homme pour savoir que, chasseur invétéré, il ne prendrait pas des vessies pour des lanternes. Il m’invite à le suivre immédiatement et de fait, après avoir agrippé mon appareil photo et enfilé vêtements et chaussures adaptés à ce genre d’opération, nous partons pour 5 heures de marche. A la nuit, nous sommes à sa cabane. Heureusement, le ruisseau proche est riche en Ouassous, et nous dînons de ces crevettes délicates arrosées de rhum maison avant de nous endormir dans les hamacs.

Avant le lever du jour, j’entends des cris de perroquets, certes, mais différents de ceux que j’ouis chez moi. Un constat qui m’excite ! Dans la lumière qui apparaît avant le soleil, nous voyons passer quatre grandes ombres. Robert, mon ami et guide (ce n’est pas son vrai nom, il préfère garder l’anonymat, compte tenu de sa situation), acquiesce du menton : ce sont bien les perroquets dont il m’a parlé. Il est aussi nerveux que moi : «  Amédée, j’aurais pu t’en tirer une, mais je connais que tu les préfères vivants ! » En fin le soleil apparaît et, chance, il fait beau.

Typiquement, les perroquets, perchés en haut d’un grand arbre, jacassent dans le petit matin. Une langue que j’ignore. Avec mes jumelles, je les vois tout verts, sauf un peu de bleu tout autour du bec. Ils descendent d’une glissade vers les orangers couverts de mousse, et je découvre que les ailes portent de larges taches oranges. Bien qu’ils se soient posés à l’autre bout du verger, il nous faut 10 minutes d’approche prudente et une observation attentive des orangers pour les trouver sans les faire fuir. Posés dans les feuilles, ces Amazones se fondent totalement dans la couleur et la lumière. Invisibles ! Je sors mon appareil photos pour immortaliser cette rencontre exceptionnelle. 

Grosse amazone verte typique, bec gris clair, œil pâle entouré de peau grise, petite tache bleue sur le front, la gorge et autour de l’œil mais aussi des rémiges bleues !

Incroyable, ces Amazones me sont inconnues ! Elles me font penser à des Festives d’Amazonie, les bodini dont je possède un couple, mais n’ont pas le front rouge. Quant aux rhodocorytha, leur tête beaucoup plus colorée les en distingue immédiatement. Rien à voir avec les Impériales, les Saint-Vincent, ou les Amazones des grandes Antilles. En fait, les plus proches morphologiquement sont les Sainte-Lucie et de Bouquet, mais ces dernières sont beaucoup plus colorées et différentes :

- Elles ont la face et la moitié de la tête bleue

- Elles ont du rouge sur la poitrine qui chez la Sainte-Lucie (versicolore) descend même sur le ventre.

Je n’ose pas croire à ce que je vois ! L’Amazone de la Guadeloupe, que personne n’a vu depuis 300 ans au bas mot ? C’est à dire avant même l’arrivée ici de mes ancêtres ! Les premiers colons demandaient à leurs esclaves de dénicher les jeunes perroquets dodus pour en faire leurs plats de gala. Cinquante ans après le début de la colonisation, les perroquets avaient disparu ! Et je dis « les » parce que les chroniqueurs parlent d’un Ara bleu, d’une Amazone violette et d’une Perruche verte ! Rien de moins, mais sans description précise ni dessin… Et aucun spécimen, malheureusement !

Tranquillement, pendant que mon cœur bat la chamade et que mon cerveau bouillonne, l’Amazone la plus proche décortique les oranges dont elle mange un peu de pulpe et surtout les pépins. Cette Amazone bien verte, et non violette laisserait donc entendre que certains chroniqueurs qui distinguaient deux Amazones différentes pour la grande île de Guadeloupe (comme pour la sœur la Dominique) avaient raison. 

D’ailleurs, cet oiseau ressemble vraiment beaucoup à une amazone de Bouquet, le jaco de nos voisins, paré d’une marque rouge évidente sous la gorge.  Par une série de miracles, celle-ci a donc survécu jusqu’à nos jours…

Robert, qui pense que ces piteux voiliers ont pu fuir Montserrat en éruption, a tort. Pour la bonne raison que l’île minuscule n’a jamais abrité, en termes historiques connus, le moindre perroquet ! Clic, ça y est, la bête est dans la boîte. Un individu est descendu suffisamment proche de moi pour que je puisse  la cadrer correctement et j’éprouve un premier sentiment de tâche accomplie.

Ma première idée de faire quérir du matériel de capture, filets notamment, je l’abandonne. La responsabilité serait trop grande, je ne supporterais pas l’échec et la perte d’oiseaux ou de couvées. Sans parler des problèmes avec les autorités… Que je préfère donc contacter au plus vite. Je laisse Robert avec la mission de me tenir au courant de l’attitude des Amazones, et je redescend vers la plaine.

 Une fois mon film développé, ayant en main les preuves de ma découverte, je me rends au Ministère de l’Environnement. L’accueil chaleureux devient carrément  enthousiaste lorsque le spécialiste local confirme le réelle possibilité de redécouverte. Nous convenons tous de conserver le secret et, durant de nombreux mois, il a été parfaitement gardé. 

Bien qu’un couple Tchéco-belge ait été intercepté avec un incubateur vide à Pointe à pitre l’an dernier. Monté et accepté en un temps record, le projet de réserve spéciale du mamelon gris (du nom d’un vieux volcan) a permis de protéger la zone concernée et Robert y dirige 5 gardes qui sont tous dans la confidence et se consacrent à la préservation de la forêt et de ses oiseaux .

Robert a trouvé deux nids et compté un maximum de 10 oiseaux. Nous pensons donc qu’il en existe quelques paires éparpillées qui se rassemblent lorsque fructifient les kavas. Et les 12 et 23 mars dernier, nous avons vu respectivement deux et un jeunes sortir des nids. L’ avenir de l’espèce semblerait donc être assuré.

Mais tout récemment, j’ai appris par hasard que notre grand secret avait été éventé. Comment cette nouvelle exceptionnelle est-elle parvenue aux oreilles d’un scientifique avide d’assurer sa propre immortalité, je ne sais. Toujours est-il qu’un article de description de l’espèce, qui donnera tous les détails concernant la localité doit paraître et officialiser notre découverte. Non seulement mon nom, DE VALOMBREUSE, n’apparaîtrait nulle part, mais en outre je crains fort pour la tranquillité de ceux qui au cours des mois, sont devenus mes chouchous. Malheureusement, le cours des choses ne peut plus être arrêté, et c’est pourquoi il m’a semblé que le minimum que je puisse faire, pour tous mes amis cédéistes, et éleveurs passionnés, c’était de doubler cette publication, en vous faisant part, en primeur, d’une découverte qui fera date dans l’histoire du vingt –et-unième siècle !

 

 

 

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