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Aventurier d'origine Normande
Le flibustier Pierre Belain d'Esnambuc naît en 1585 à Allouville au manoir de
Quenouville. Fils de Nicolas Blain, sieur de Quenouville et d'Esnambuc, il est
baptisé le 9 mars 1585 en l'église St Quentin.
Des dettes anciennes contraignent sa famille à vendre le fief d'Esnambuc, son héritage
en tant que troisième fils, pour 1950 livres en 1599. Son avenir, de noble sans
terres, sera désormais lié à une vie d'aventurier des mers.
Dès le 24 février 1603, on le remarque parmi les 20 hommes de la barque le
petit argus, de 45 tonneaux.
Cette très petite unité part du Havre en
direction des "Cannibales" et autres lieux en la "côte du Brésil",
termes utilisés aussi bien pour les Antilles que pour des régions brésiliennes
propices à la flibuste et au commerce de contrebande dit au "bout de la
pique", avec les colons espagnols et les indiens.
Dix sept ans plus tard, Pierre Belain d'Esnambuc navigue toujours dans ces
parages.
Capitaine il s'embarque le 21 janvier 1620 sur la marquise, de
80 tonneaux, avec une commission pour la "coste de Guinée et coste du Brésil
et autres lieux". Son équipage de 60 hommes est important, car dans ces
expéditions, en sus des matelots, on embarque aussi des soldats.
D'Esnambuc qui
a emprunté 400 livres à 50% d'intérêts, assure la moitié des frais
d'armement. Jean Cavelet, sieur de Herteley, homme de confiance de Richelieu et
un des futurs directeurs de la Compagnie de Saint-Christophe, s'est engagé pour
un sixième.
En 1623, au Havre il commande l'Espérance, de 100 tonneaux.
La rencontre aux îles Caïmans avec un galion espagnol de 400 tonneaux et
surtout 31 canons de plus que le petit brigantin qu'il commande alors en 1625,
le contraint pour réparer à se diriger vers Saint-Christophe, il y est
accueilli par les premiers habitants français de l'île comme un héros.
Qu'est-ce
donc qui justifie sa popularité chez les français ?
Ses exploits en tant que flibustier ou le fait qu'il aide à repousser une
attaque de guerriers caraïbes contre la colonie ?
Possible, mais parmi ceux-ci on remarque Jean Levasseur, enseigne sur l'Espérance
et d'autres anciens compagnons d'aventure ayant quitté la course pour s'établir
en tant que cultivateurs de tabac notamment. Une livre de cette plante séchée servait de monnaie d'échange à cette époque.
Premier
colon français des amériques
En effet c'est sous l'impulsion du cardinal de Richelieu, nommé à la tête du
gouvernement royal en 1623, que la France cherche à se doter d'une politique
coloniale officielle.
En 1626 est créé la Compagnie de Saint-Christophe (St KITTS), du nom de l'île
où d'Esnambuc et son associé rouennais Urbain de Roissey sieur de Chardonville
ont fondé (officiellement du moins) la première colonie française des
Antilles.
Mais il s'agit d'une petite
île partagé avec les Anglais qui sont
commandés par Warner.
1635 C'est avec une centaine de colons "expérimentés"
de St Kitts qu'il établit le premier établissement en Martinique occupée par
les indiens Caraïbes.
Flibustier
avant tout
D'Esnambuc ne reste pas longtemps à terre, une fois le fortin construit, il
repart pour St-Christophe.
Laissant Fort Saint Pierre sous le commandement de
Jean du PONT, agissant comme gouverneur général, il délivre les commissions
aux flibustiers.
Il meurt en 1636, son neveu Jacques Dyel du Parquet deviendra en
1637 gouverneur de la Martinique.

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