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La
révolution sucrière
1654 : Des Néerlandais protestants chassés du Brésil catholique, arrivent à la
Martinique où ils demandent à M. du Parquet de s'établir et de jouir des mêmes
droits que les colons français.
Quoique sympathique à ces gens qui apportaient
expertise et expérience, le gouverneur refuse de les accueillir à la suite des pressions exercées
par les Jésuites, qui n'appréciaient guère que plusieurs de ces étrangers
soient juifs.
De plus les règlements royaux interdisaient l'installation de
protestants dans les colonies Françaises. C'est ce qui avait obligé Du
Parquet, gouverneur de la Martinique, à les repousser.
Alors les réfugiés hollandais vont à la Guadeloupe.
Afin d'accroître
l'essor économique de son île, Houël les
accueille à bras ouverts.
Environ 900 réfugiés hollandais (incluant les
esclaves) s'installent alors en Guadeloupe.
Ces nouveaux immigrants jouèrent
un rôle important dans l’évolution économique de l’île.
En
effet, maîtrisant
parfaitement les techniques liées à la canne et à la fabrication du sucre,
les Hollandais vont contribuer à l’agrandissement et la multiplication des
exploitations.
C'est
à partir de cette époque que la culture de la canne à sucre se développa
dans les régions colonisées.
Les
planteurs abandonnent progressivement la culture
du tabac et du cacao pour ne plus cultiver que de la canne, parce que le sucre
vaut à cette époque presque autant que l'or.
Peu
résistante aux intempéries, nécessitant une importante main-d'œuvre pour sa
plantation, son entretien et sa récolte, la canne à sucre nécessite des
surfaces très grandes.
Ne
donnant pas avant trois ans, elles imposent aux planteurs d'avoir suffisamment
d'argent pour investir dans la canne et se lancer dans le commerce sucrier.
Un
bouleversement social et paysager s'en suit.
Les
anciens petits planteurs de tabac sont incapables d'investir dans de nouvelles
plantations de cannes.
Ils
sont très rapidement ruinés d'autant plus vite que le tabac se trouve
lourdement imposé de droits de douane nouvellement créés afin d'obliger les
colons à faire de la canne.
Ils
sont ainsi obligés de vendre à bas prix leurs terres aux plus riches.
Les
petites terres sont regroupés.
Le
paysage cultivable de la Guadeloupe se trouve complètement remodelé.
Parallèlement
la démographie de l'île va être elle aussi bouleversée.
La
culture de la canne demande un travail de tous les jours nécessitant une main-d'œuvre
toujours plus nombreuse.
Les
"engagés" ayant montré leur inaptitude à travailler efficacement
sous le climat des tropiques et revenant trop cher du fait qu'il fallait les
remplacer régulièrement, les planteurs de cannes, érigés en une nouvelle
classe faussement aristocratique, les békés, commencent dès lors
à importer des esclaves.
L'esclavage :
Les plantations demandent de plus
en plus de mains-d'œuvre, aussi Houël profite-t-il du commerce triangulaire
(entre l'Europe, l'Afrique et le continent américain) pour fournir des esclaves
africains "bon marché" aux planteurs blancs.
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Les premiers "voyages
triangulaires" s'organisent entre les ports atlantiques de la France,
l'Afrique et les Antilles.
Les navires négriers entassent dans leurs cales des
milliers de malheureux "bois d'ébène" échangés aux rois africains contre des pacotilles, ils
les revendent ensuite dans les îles comme du bétail, au terme d'un voyage
inhumain et meurtrier, puis ils regagnent l'Europe chargés de denrées
exotiques.
Cette cargaison est revendue à prix d'or:
La boucle est bouclée.
Commerce infecte et sans scrupule, mais
honteusement fructueux.
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Les premiers esclaves noirs arrivent en Guadeloupe
dès 1650 pour travailler dans les
plantations.
En 1656
ils sont déjà 3000 à travailler sur l'île sur
une population de 15 000 personnes.
Fondateur
de Basse-Terre, Houël accueille dans sa maison fortifiée des représentants
des rois de France et d'Angleterre qui signent chez lui un traité de paix avec
les derniers caraïbes des îles non (encore) colonisés de la Dominique et de
Saint-Vincent.

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