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Créée
en 1666 par Colbert, la Compagnie
Française des Indes reçoit du pouvoir royal le privilège exclusif du
commerce maritime lointain avec tous les pays situés au-delà du Cap de Bonne
Espérance.
1664
: la "Compagnie des Indes Occidentales" prend possession de
l'île.
Colbert
veut rétablir l’autorité royale en Guadeloupe et charge la "Compagnie
des Indes occidentales" de racheter l'île.
C'est
une quasi-expropriation.
Houël
et les enfants Boisseret sont d'ailleurs réexpédiés en France de force.
Contrainte
de respecter le régime de l'exclusif (commercer uniquement avec la France), la
colonie des Indes Occidentales fait la fortune des ports de Bordeaux et de
Nantes et de tous les intermédiaires de l'import-export.
Celle
des planteurs est par contre menacée.
Pour
s'en sortir et s'assurer quelques revenus supplémentaires, les propriétaires
guadeloupéens raffinent en cachette le sucre brut et le vende frauduleusement
à leurs anciens clients hors de France, grâce aux "interlopes", de
célèbres navires de contrebande.
Du
fait de la règle de l'exclusif, l'économie
de la Guadeloupe est totalement dépendante des décisions prises en
France. Aucune monnaie ne circule, les échanges se faisant sous le principe du
troc. Il
faudra attendre 1698
pour voir apparaître une monnaie locale indexée sur la monnaie
métropolitaine.
1666-
1674 : les rivalités franco-anglaises
1666
: les
français se joignent aux hollandais dans leur guerre contre les anglais.
Les britanniques s'emparent de l'archipel des saintes le 22 août et
s'apprêtent
à attaquer la Guadeloupe. Mais un cyclone providentiel vient prêter main
forte aux français et détruit la flotte anglaise en emportant près de
8000 hommes.
1667
: la Paix de Bréda
en Hollande met fin à cette guerre.
1674
: la Guadeloupe et les Antilles deviennent des colonies françaises.
En
1674 Louis XIV
révoque la Compagnie des Indes Orientales.
La
Compagnie dissoute, la Guadeloupe est désormais directement rattachée à la
couronne de France.
Colbert
institue le "Pacte Colonial". Jusqu'au Second Empire, les
colonies françaises commerceront exclusivement avec la métropole. Grâce
aux Antilles la France acquiert en Europe le monopole des sucres appelé
"or blanc" et connait une période de grande prospérité
économique.
Pendant
ce temps en Guadeloupe, le
mouvement de concentration des plantations s'accélère.
Le
fossé se creuse entre la nouvelle aristocratie des "békés"
et les autres colons, les "petits blancs".
Le besoin
d'esclaves augmente considérablement.
1685
: le statut des esclaves est défini par le "Code Noir".
Le roi
Louis XIV réglemente la traite des noirs, précédemment légalisé par Colbert en 1664
C'est à l'initiative de
Colbert que
l'on va produire des mémoires sur la situation des esclaves et des plantations.
Deux rédacteurs, Charles de Courbon, comte de Blénac et Jean-Baptiste
Patoulet vont s'y atteler en s'inspirant des pratiques esclavagistes des
Espagnols en terre d'Amérique.
Le Code
Noir, promulgué par Louis XIV en 1685, se
compose de soixante articles qui gèrent la vie, la mort, l'achat,
la vente,
l'affranchissement et la religion des esclaves.
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L'ordonnance, inspirée par le clergé, donnait à l'esclave un statut
intermédiaire entre celui d'un homme libre et d'un bien meuble.
Elle le
consacrait comme un «être de Dieu», reconnaissait à sa famille une
existence légale (l'esclave ne pouvait être marié contre son gré, et
les membres de sa famille ne pouvaient être vendus séparément), mais ne
lui accordait pas la personnalité juridique.
Il ne pouvait ni posséder
ni témoigner en justice.
Si le Code prévoyait l'intervention des intendants contre les excès
des propriétaires d'esclaves, il réglementait et instaurait des
châtiments cruels à l'encontre des révoltés et des fugitifs (les
"nègres marrons").
La pratique des mutilations
pour les esclaves fugitifs était maintenu : on coupait les oreilles, puis le
jarret, et la troisième évasion pouvait être punie de mort.
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Si, d'un point de vue religieux,
les esclaves sont considérés comme des êtres susceptibles de salut, ils sont définis
juridiquement comme des biens meubles transmissibles et négociables.
Ce code rédigé au temps de Colbert restera en vigueur jusqu'en 1848, date de
l'abolition définitive de l'esclavage par la France.
Quelques extraits du Code
Noir :
"Déclarons les esclaves
être meubles... Voulons que les hommes libres qui auront eu des enfants avec
des esclaves soient condamnés et les dits esclaves confisqués au profit de
l’hôpital... Leur défendons de tenir le marché des esclaves le dimanche...
Défendons aux curés de marier des esclaves sans le consentement de leurs maîtres...
Les enfants qui naîtront seront esclaves... Les esclaves non baptisés seront
enterrés de nuit dans un champ voisin... Les esclaves abandonnés seront adjugés
à l’hôpital... Déclarons les esclaves ne pouvoir avoir rien qui ne soit à
leur maître... Ne pourront les esclaves être partie civile, tant en demandant
qu’en défendant... Voulons que l’esclave qui aura frappé son maître au
visage soit puni même de mort... L'esclave pourra être abandonné à celui à
qui il aura fait du tort... L esclave fugitif aura les oreilles coupées, s’il
récidive, il aura le jarret tranché et la troisième fois il sera puni de
mort... Enjoignons de gouverner les esclaves comme bons pères de
famille...
Car tel est notre bon plaisir.
Signé : Louis.

Cependant les maîtres jugèrent
le Code Noir ... trop favorable aux esclaves.
Il ne fut pas toujours appliqué, mais remplacé, au XVIII
ème siècle,
par un ensemble de dispositions appelées «Coutume des Antilles».

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