|
Le
créole est une langue à base lexicale française, c'est-à-dire
qu'une grande partie de son vocabulaire est d'origine française
(ex. chimiz/chemise). Ceci dit, le créole est une langue à
part entière avec ses propres règles d'orthographe et de
grammaire.
On ne doit donc pas aborder le créole en pensant aux règles régissant
la langue française. Quand on apprend l'anglais, on n'essaie
pas d'y appliquer les règles du français.
Ainsi, contrairement au français, il n'existe pas de lettres
muettes dans le créole. Un conte se dit on kont (on entend
konte). De même, le féminin et le masculin n'existent pas dans
le créole.
Ainsi, on dit "on plich" une raclée, "on tchòk"
un coup de poing. Il
existe deux façons d'écrire une langue :
1) la graphie étymologique. Dans ce système, on prend en
compte l'origine du mot. Ainsi pour traduire en créole je
travaille ce matin, on écrira "moin ca travay
beau-matin-la". On voit tout de suite l'inconvénient d'un
tel système. Une orthographe proche du français qui pourrait
laisser croire que le créole n'est qu'un sous-produit du français,
du français corrompu comme on le lisait dans certains
dictionnaires ou encore du français simplifié.
2) la graphie phonologique. Dans ce système de transcription
inventé en 1976,
un
son égal un signe et un seul.
Dans un tel système, on écrit ce qu'on entend. Ainsi quand
j'entends le son "ka", j'écris k + a sans me référer
au français (ca, cas, qu'à).
Aujourd'hui, c'est la graphie phonologique qui est retenue
en Guadeloupe pour écrire le créole. Nous prenons, nous aussi,
le parti d'utiliser cette graphie.
|