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SON
HISTOIRE |
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PETITE HISTOIRE DU RHUM :
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Le rhum est l'une des conséquences de la conquête de l'Amérique,
où, dès le XVIème, les Européens plantèrent la canne à sucre
originaire d'Asie. A travers les tourments de l'Histoire, le produit
restera auprès de tous ses consommateurs comme un "alcool de
vie" empreint de la chaleur des îles.
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LE SUCRE AUX ANTILLES
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La canne à sucre
est introduite en Amérique par Christophe Colomb, lors de son deuxième
voyage (1493). Importées des Canaries, des tiges sont plantées sur
l'île d'Hispaniola (Santo Domingo), et la première cargaison de
sucre partira vers l'Espagne en 1516. Maîtres des Grandes Antilles,
les Espagnols ne s'étaient guère intéressés aux Petites Antilles
qu'ils avaient pourtant découvertes. Ainsi, la Guadeloupe - où le
" Vice-amiral des Indes " posera le premier pied lors du
fameux deuxième voyage - fut occupée par les Français en 1635
(Expédition Liévart de l'Olive). D'après les écrits du Père
Labat (fin du XVIIe siècle) la canne existait bien avant l'arrivée
des premiers colons français, issue probablement des premiers plans
d'Hispaniola. Forts de leur savoir-faire en matière d'eau-de-vie,
les Français dressèrent des plantations entièrement consacrées
à l'exploitation cannière. La révolution du sucre pouvait alors
commencer.
C'est vers 1640 que l'histoire du rhum débute. Les premières
eaux-de-vie de canne apparaissent sur l'île de La Barbade, alors
possession anglaise.
Dans les colonies françaises, il faut attendre l' " Histoire générale
des Antilles " (père Du Tertre, 1667) pour avoir la première
description de la fabrication de l'alcool de canne.
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Un autre ecclésiastique, le père Labat
perfectionnera le processus de distillation avec ses alambics.
Ainsi, l'amélioration de la qualité (grâce aux progrès
techniques) et le partage du marché mondial du sucre entre les deux
puissances coloniales, France et Angleterre, profitera largement aux
producteurs de rhum guadeloupéens. Avec les premières arrivées de
sucre, la Couronne de France comprend combien cette denrée est
exceptionnelle et les commandes, via la Compagnie des Indes
Occidentales, se développent de manière à concurrencer les
productions anglaises. La France récupère finalement dans son
domaine colonial l'île en 1674, afin qu'elle soit totalement dévolue
au commerce du sucre et, bien évidemment, du rhum.
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LA PRODUCTION EN GUADELOUPE
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La production de
rhum se maintient tant bien que mal parmi tous ces bouleversement de
l'Histoire... Elle connaît alors une évolution en deux temps dans
les Antilles françaises : la progression, lente au début du XIXème,
s'accélère à partir de 1854 ; A la fin du siècle, le rhum des
colonies connaîtra son âge d'or, avec une Martinique devenue
premier producteur du monde. Ces progrès suivent la consommation
européenne. Les exportations guadeloupéennes, stimulées par la création
de distilleries supplémentaires, se montent en 1892 à 36 000 hl,
chiffre qui équivaut à la consommation intérieure. La catastrophe
de la Montagne Pelée à Saint-Pierre (1902) handicapera considérablement
l'industrie rhumière martiniquaise, et " bénéficiera "
à la production guadeloupéenne qui exportera 58 280 hl en 1903.
Mais le chiffre record (195 800 hl en 1919) sera atteint lorsque les
armées réclameront un peu de vie dans l'eau des " poilus
" de la Grande Guerre.
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Devenue littéralement " L'île à sucre
", la Guadeloupe possède 334 moulins en 1775 et exporte du
rhum, en particulier lors de l'occupation britannique entre 1759 et
1763. L'île vend surtout de la mélasse aux colonies anglaises d'Amérique
du nord (21 000 hl en 1770), très peu en France (moins de 3 000
hl), et sa production de rhum est consommée sur place à 93% (21
120 hl la même année). La Révolution française se traduit dans
l'île par l'insurrection des esclaves et la " terreur noire
" ; la plupart des planteurs blancs disparaissent ; l'ordre est
rétabli par Bonaparte, puis par les Anglais jusqu'en 1814.
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UN ALCOOL ROMANESQUE
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L'Histoire
le démontre : sans sucre, pas de rhum. La demande mondiale du
premier a formidablement servi le second. Ainsi, pour la Guadeloupe,
produire de la mélasse et l'exporter c'était aussi promouvoir son
propre rhum agricole, forcément meilleur... L'aventure du rhum est
complexe. Elle traverse des périodes troublées mais le produit
restera toujours un alcool porteur de rêves, riche en arôme et au
caractère fier. Ce " tafia " quasi imbuvable
qu'ingurgitaient les matelots avant l'abordage, cette "
eau-de-vie " que les planteurs donnaient à leurs malheureux
esclaves, est le digne héritier du breuvage salutaire qui réconforta
les soldats des tranchées.
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L'alcool dépasse alors le
registre " alimentaire " pour atteindre une vraie
dimension humaine, résultat probablement jamais obtenu par l'un de
ces nombreux concurrents...
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A SAVOIR :
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Un
texte du milieu du 17ème siècle parle de cette eau-de-vie sous le
nom de "tue-diable"et "rumbullion" -"tue
diable" décrivant la force dégagée par cet alcool.
A la fin de ce siècle, la désignation "tue-diable"
semble disparaître et le mot rum (traduction anglaise de rhum) abréviation
de "rumbullion" est utilisé communément.
A ses débuts, le rhum était la boisson des esclaves et des marins.
En 1655, l'Amiral Penn, membre éminent de la Royal Navy, institua
la distribution quotidienne de rations de rhums aux marins.
Mais c'est en 1731 que l'Amiral Vernon la remplaça par un mélange
constitué de deux volumes d'eau pour un volume de rhum. Le plus
souvent, un trait de jus de citron y était ajouté pour lutter
contre le scorbut. Ce mélange était appelé grog du
surnom de l'amiral : Old Grog.
Aux
Antilles, les Anglais avait également pris l'habitude de marier le
rhum à plusieurs autres ingrédients : thé, sucre, citron,
cannelle... Ils donnèrent à ce cocktail le nom "punch".
Un autre amiral anglais, Nelson, apprécie
le rhum. Le 21 octobre 1805, il défait la flotte franco-espagnole,
mais y perd aussi sa vie. Conformément à son testament, son corps
sera ramené en Angleterre, plongé dans un tonneau de rhum. Durant
le voyage mortuaire, le précieux breuvage attira la convoitise des
gardiens de la relique, qui y allèrent de leurs godets. D'où les
expressions "taper l'amiral" et encore "boire le sang
de l'amiral"...
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Rira
bien qui rira le dernier...:
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Les
plus gros buveurs de rhum étaient le plus souvent les boucaniers et
autres aventuriers. A cette époque, l'un des problèmes les plus
graves auxquels la Marine anglaise devait faire face était la désertion
: les pirates avaient pour habitude de recruter leurs équipages en saoulant
les marins dans les ports; saouls ils n'étaient pas en état de répondre
à l'appel. Les bateaux anglais partaient en abandonnant ces
quelques marins qui n'avaient plus d'autres solutions que de devenir
pirates à leur tour !Mais
les pirates étaient parfois pris à leur propre piège comme en témoigne
la mésaventure survenue à John Rackam dit "Rackam le
Rouge" et à son équipage. |
Après avoir vidé toute la
cargaison de rhum prise à un bateau qu'ils avaient abordé, les
redoutables pirates, trop saouls pour résister, furent capturés
par la Marine Royale anglaise. Cette aventure se termina par leur
pendaison en 1720. |
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A lire...:
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NOVEMBRE 2011
VOYAGE AUX PAYS DES RHUMS
Gilles Laurendon
illustrations Tituan
Lamazou
En 1493, lors de son
second voyage au Nouveau Monde, Christophe Colomb
introduit la canne à sucre sur l’île d’Hispaniola. Dès lors,
Portugais, Espagnols, puis Français et Anglais multiplient les
plantations. La fabuleuse histoire du rhum commence.
D’abord réservé aux
esclaves puis colporté sur les mers par les boucaniers, les
flibustiers, les pirates, le rhum va conquérir le monde…
Ce carnet de voyages
retrace cette grande épopée, sur mer comme sur terre. Un fabuleux
périple où l’on rencontre des personnages hauts en couleurs tels le
Père Labat, l’amiral Nelson, l’amiral Pen ou l’inattendu Nicolas
Fouquet !
Voyage aux pays des rhums
fait escale à Marie-Galante, la Martinique, la Guadeloupe, la
Guyane, Cuba, la Jamaïque, la Barbade, Trinidad, Maurice, la
Réunion.
Evasion, rêve et
aventure.
Laurendon Gilles :
Romancier. Passionné de cuisine et de voyages. Ses livres sont
traduits dans plus de vingt-cinq pays.
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Titouan Lamazou :
A 17 ans, Titouan Lamazou décide de partir autour du monde pour
réaliser un carnet de voyage et choisit le bateau comme mode de
transport.
Vingt ans
plus tard, il retrouve sa première vocation d’artiste,
publie de
nombreux
ouvrages, avant de se consacrer au projet " Femmes du
Monde" sur lequel il travaille depuis 2002.
Contact :
Victoria Marchal
Le Cherche-Midi
Editeurs
06 75 01 15 02 - 01 47
70 44 49
victoria.marchal@wanadoo.fr
isbn : 978-2-7491-2192-5
prix : 26€
128
pages.
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