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Créée en 1978 par Michel
Etevenon, la Route du Rhum par son lot d'histoires heureuses et malheureuses,
est devenu une course de légende au fil des éditions.
De la victoire pour 98
secondes de Mike Birch devant Michel Malinovsky en 1978 à la désastreuse édition
2002 en passant par l'avènement de Florence Arthaud ou d'Ellen MacArthur, le
double sacre de Laurent Bourgnon et les tragiques disparitions d'Alain Colas ou
de Loïc Caradec, la "course du Rhum", la plus ancienne des transats
françaises exerce toujours le même pouvoir d'attraction et de
fascination, autant auprès des skippers pour lesquels une victoire sur le
Rhum est une consécration, que sur le public qui la considère à l'égal
des plus grands événements.

Michel
Etevenon et Olivier de Kersauson en 1978

Un
petit Historique: On est en 1976, et les Anglais,
organisateurs et promoteurs de la célèbre Transat Ostar viennent de
prendre la décision de limiter la taille des bateaux pour la prochaine édition
de la Transat Ostar. En réponse aux anglo-saxons, Michel Etevenon,
publicitaire, spécialiste du sponsoring des événements nautiques,
décide de créer sa course, une transat de la liberté où "tout
sera permis".
Bien
qu'il se soit toujours targué de "n'y rien comprendre en
bateau", ce publicitaire est totalement impliqué dans le monde de la
course océanique, puisqu'il est lui-même l'armateur des célèbres
KriterOr les Anglais viennent de bannir définitivement les grands bateaux
de leurs futures Transats et de disqualifier Alain Colas sur son immense
Club Méditerranée sous le prétexte que le navigateur français,
handicapé du pied droit, à reçu de l'aide lors d'une escale technique
à Terre-Neuve.
L'idée
de Michel Etevenon s'appuie sur un grand principe : il faut suivre l'évolution
du temps et offrir un support aux inventeurs de génie qui passionnent le
public au lieu de leur imposer des restrictions.
Quelques jours à peine après l'arrivée de l'Ostar, Michel Etevenon
lance sa course. "Tout sera permis, tout" expliquait-il
à un journaliste français " Et dans quelques années, les
plaisanciers n'auront plus qu'à appuyer sur un bouton pour savoir où ils
sont. Cela évitera bien des accidents. Mais il faut ouvrir en grand les
fenêtres de la création, trop jugulées depuis des décennies par
l'Establishment aux œillères".
La fronde trouve facilement du répondant, même si l'homme ne va pas ménager
ses forces, usant de toute son influence et de son génie pour vendre des
histoires de mer et étoffer son premier plateau.
Le parcours aussi va être un élément essentiel de la mise en scène. En
choisissant une route inédite qui relie la cité corsaire de Saint-Malo
au charme exotique des Antilles, le tout en plein mois de novembre,
l'homme de communication a tapé juste.
La " guerre aux anglais " n'est peut-être qu'un prétexte.
Toujours est-il que Michel Etevenon attachera personnellement beaucoup
d'importance à la participation étrangère dans la Route du Rhum, et
particulièrement à une participation britannique.
Plus que tout autre point du règlement, la liberté et l'ouverture
d'esprit qui caractérisent la Route du Rhum resteront sa carte de
visite.
  

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