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Location de vacances à Deshaies en Guadeloupe

Dominique et Michel Valladon - La Coque - 97126  DESHAIES

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Voile triangulaire et coque de bois toute ronde, la saintoise traditionnelle guadeloupéenne a été remise à flot par des passionnés, organisateurs de régates et charpentiers de marine qui la fabriquent dans les règles de l'art. Même pour un bateau de six mètres, traverser l'Atlantique est un bien long chemin. C'est pourtant celui suivi par la saintoise, importée dans l'archipel guadeloupéen par les marins bretons, émigrés aux Saintes, et qui ont reproduit le modèle des canots utilisés outre-Atlantique. Quelques siècles plus tard, ce bateau en forme de barque, à fond plat, tient toujours le cap. Certes, l'époque où il était un moyen de transport très prisé-autant pour naviguer vers les îles proches que pour se rendre de ville en ville autour de la Guadeloupe-est bel et bien révolue. Mais les pêcheurs continuent à naviguer avec des saintoises modernisées : la coque se construit désormais en polyester et de puissants moteurs hors-bord remplacent désormais la voile.

Tour de la Guadeloupe 2005 (départ de Deshaies)

 

Tradition et modernité

Rudy Mariette, jeune charpentier de marine, fréquente les chantiers de construction depuis l'âge de huit ans, dans la lignée de son grand-père. Il a vu les pêcheurs passer progressivement au tout plastique et avoue prendre moins de plaisir à travailler sur une coque moderne, «simple moulage d'un modèle». Mais, explique-t-il, «une coque en plastique revient beaucoup moins cher en entretien à son propriétaire». Il fabrique donc une majorité de saintoises en composite, dans l'atelier qu'il a ouvert, il y a trois ans à Vieux Fort, un joli village de pêcheurs du Sud de Basse-Terre, juste en face de l'archipel des Saintes. 

Tour de la Guadeloupe 2005 (départ de Deshaies)

Par contre, quand il parle des saintoises traditionnelles sur lesquelles il travaille également, ses yeux s'illuminent. Même si une coque en bois prend quatre fois plus de temps à fabriquer-deux mois en moyenne contre quinze jours pour la coque en plastique-et s'avère bien plus complexe à élaborer. Rudy compte parmi ces passionnés, fabricants et associatifs, qui remettent la saintoise traditionnelle à flot. Ainsi, alors que les techniques de leur fabrication commençaient à se faire oublier, Rudy a accompli un vrai travail d'enquête en allant questionner les anciens pour se former. Aujourd'hui, il suit attentivement les règles définies au fil des années par les générations successives de constructeurs, basées sur l'observation et l'expérience. La forme de la coque et sa longueur peuvent varier, mais les pièces doivent être découpées dans un bois précis. Acajou «dont les anciens ont vu qu'il est très solide», pour les planches du contour de la coque. Poirier pour la membrure et l'étrave, le tableau et la «pièce morte» qui structurent la forme du canot. 

Enfin du bambou pour la guille (bôme en créole) qui tient une voile de vingt mètres carrés, et du corossolier pour le mât. Le matériau provient d'arbres repérés dans la nature, que les charpentiers de marine coupent eux-mêmes. Ils n'opèrent que trois jours après la pleine lune, «sinon le bois n'est pas bon». Rudy observe aussi la règle du «tiercé en trois», qui veut qu'un pied de mât se place au tiers de la longueur d'une saintoise : cette position est censée lui donner un meilleur équilibre. Parmi les quelques dérogations à la tradition, les voiles ne sont plus en coton, «bien trop fragile», mais découpées à la Rochelle. Et la quille est faite en bois importé de France, choisi pour sa légèreté et sa solidité. Surtout, le charpentier ajoute sa patte personnelle, en modifiant les courbures du bateau pour qu'il soit le plus rapide possible. Quant aux couleurs chamarrées qui permettent de reconnaître chaque bateau de loin, elles sortent plutôt de l'imagination de leur propriétaire.

Tour de la Guadeloupe 2005 (départ de Deshaies)

Des régates toujours plus courues

Aujourd'hui la voile traditionnelle s'organise et le public ne se trompe pas sur les prouesses nautiques de ces "canots" et vient de plus en plus nombreux assister aux compétitions. 

En 2000, le Comité Guadeloupéen de Voile Traditionnelle fut créé.  

Devant l'essor de cette catégorie de bateaux, la Voile Traditionnelle est affiliée à la Fédération Française de Voile en 2005. Les régates loisirs perdurent, mais la voile traditionnelle est entrée dans la cour des grands en étant reconnue par la fédération. 

 

Quelques règles
Les régates ne diffèrent pas des autres catégories de bateaux.
Bouées à contourner et bien évidemment les lauriers reviennent au premier qui franchit la ligne d’arrivée ! Cependant, pour maintenir l’aspect traditionnel des canots, des spécifications concernant les règles de construction et les matériaux autorisés ont été définis: les coques sont en bois naturel avec membrures, 5,35m de long et 1,80 m de large, quille de 33 cm et d'une épaisseur de 5 cm au maximum ; le mât en bois local naturel plein de 7,25 m au maximum, bagues en liane pour la grande voile, taquets en bois, poulies sans winch ; les voiles (grand voile et foc) en coton ou polyester tissé. C’est ce genre de détail qui accentue la beauté de ces embarcations.
Un bel esprit anime les équipages qui préparent amoureusement leur canot pour la compétition. Chacun y va de sa technique et de son savoir-faire quand il s’agit de gréer l’embarcation. Un beau spectacle !

 

voir aussi la Ligue guadeloupéenne de voile